Le quotidien
arabophone égyptien "El Youm Essabah" annonce dans son édition électronique du 27
mai, le décès intervenu la veille, samedi 26 mai 2012, à la suite d’une longue
maladie, de la femme de lettre et journaliste "Natila Rachid", plus connue sous
le pseudonyme de "Mama Lubna" qu’elle
utilisait pour signer, notamment, les
éditoriaux de l’hebdomadaire illustré Samir dont elle fut l’une des fondatrices
et qu’elle dirigea pendant plusieurs années.
lundi 28 mai 2012
samedi 5 mai 2012
MICKEY EN ARABE (3ème PARTIE)
Outre
l’hebdomadaire Miki, l’éditeur cairote nationalisé Dar El Hilal va publier Miki
Gaïb autrement dit Mickey Poche, à partir du mois d’août 1976. Ce mensuel est
la reproduction du Mickey Poche français dont le premier numéro est paru en mai
1974. Il reprend des bandes dessinées et des jeux de la publication française
correspondante et paraitra jusqu’en mars 2003.
A cette
date, l’éditeur Dar El Hilal perd ses droits de traduction et de publication
des bd Disney.
C’est un
éditeur privé Dar Nahdet Misr (qui, au passage, est également titulaire des
droits pour les comics américains comme
Batman ou Superman) qui, à partir du 22
janvier 2004, propose la nouvelle série de l’hebdomadaire Miki ainsi que le
mensuel Miki Gaïb qui change de format et de pagination (68 pages) mais bénéficie de la couleur.
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| Mickey de l'éditeur Dar Nahdet Misr |
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| Mickey de l'éditeur El Fattam Universal |
L’ensemble des bandes dessinées reprises dans
les 2 titres sont des traductions de bd Disney parues aux Etats unis ou en
Europe. La participation locale se limite aux pages magazine mais les publications sont techniquement de
bonne qualité et de nature à résister à la concurrence des publications
similaires éditées dans les pays du Golfe (Koweit, Emirats Arabes Unis, etc…)
car il y a également un hebdomadaire Miki, surnommé par les amateurs Miki
Kalijia (Mickey Golfe),qui est produit depuis le 22 septembre 1994 par
l’éditeur El Fattam Universal à Abou Dahbi.
Les 2
éditions de Miki, différentes quand au contenu mais guère éloignées l’une de l’autre
par la forme, sont, semble-t-il,
distribuées dans l’ensemble des pays arabes, bien qu’une information parue en
mai 2007 signalait que la firme Disney interdisait à l’éditeur Dar Nahdet Misr
de distribuer ses publications Miki et Miki Gaïb dans plusieurs pays arabes
comme l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Quatar, le Sultanat d’Oman et le
Bahrein.
L’hebdomadaire
Mickey-Golfe passera ensuite chez
l’éditeur Dar El Qabas au Koweït qui propose de nombreux autres titres réalisés
à partir du matériel Disney : Batouta (donald), Minnie, Amirat (Princesse),
etc….
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| Le premier n° de Batouta (Donald) |
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| Le premier n° de Minnie (qui garde le même nom) |
Par
ailleurs, d’autres éditeurs en Egypte et au Liban ont publié du Disney. C’est
notamment le cas de la maison d’édition des frères Maarouf à Alexandrie qui a
proposé une série d’albums autour du personnage de Picsou (Am Dahab) et une
version arabe de Ducktown.
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| Le premier n° de Madinet El Bat (Ducktown) de l'éditeur alexandrin Frères Maarouf |
On peut
également citer l’éditeur Middle East
Media (filiale de Edi-Monde-Hachette) à Paris qui a proposé une version en
langue arabe d’excellente qualité du mensuel Castors Junior intitulée Sammour
(Castor) mais qui, hélas, n’a duré qu’une trentaine de numéros.
L’éditeur
Dar Echourouk (Le Caire-beyrouth), très actif dans le domaine des publications
enfantines, publia la série Disney Liljib (Disney pour la poche) qui propose la
novélisation de bd avec Mickey, Dingo et Donald, de Dar Elmaarif, Liban avec la
série El Maktaba Ezarkaa (la bibliothèque bleue), etc….
samedi 11 février 2012
L’ART DU MINI-RECIT
Il y a un peu moins de 4 ans, en mai 2008, l’hebdomadaire Spirou relançait, sous une forme modernisée, ses célèbres mini-récits. Bien que proposée de façon irrégulière, cette nouvelle série se poursuit. A l’origine, la formule du mini-récit, initiée par Yvan Delporte, alors rédacteur en chef du journal, était destinée à roder de nouveaux dessinateurs et de nombreux futurs noms du neuvième art belge comme Deliège, le regretté Salvé ou Degrotte se sont ainsi fait la main. Ce n’est plus le cas aujourd’hui où il est fait appel à des auteurs confirmés (Lewis Tronheim, Bercovici…).
Par définition, le mini-récit sollicite aussi bien l’esprit que l’habileté technique : au plaisir que procure la lecture s’ajoute celui de la réalisation du petit fascicule en se référant aux conseils de montage fournis.
En 1960, Caltex (essences et lubrifiants), alerté par le succès de la formule, va l’utiliser comme argument publicitaire et avec « l’autorisation de Spirou » en proposer une série originale dans ses stations service. Réalisés à l’identique de ceux proposés par le célèbre hebdomadaire, les mini-récits Caltex furent dessinés par Norbert Fersen sur des textes de François Méribel. L’intrigue assez simple oppose Le jeune aventurier Twisty aidé de Finedent, la souris rouge ( ?) et le gangster Barbapapa et sa bande tout au long des 12 épisodes (A noter, que le nom du méchant : Barbapapa, est antérieur à son homonyme des livres pour enfants et de la série de dessins animés qui n’apparaitra qu’une dizaine d’année plus tard).
Le journal de Mickey, un autre hebdomadaire pour les jeunes, va également lancer ses propres séries de mini-récits qui apparaitront généralement pendant la période des vacances d’été. Les petits cahiers à réaliser soi-même mettent en scène les personnages de Disney, Mickey, Picsou, Dingo, Donald, etc… dans des aventures originales ou reprises. En mars 1987 , le journal de Mickey propose même un mini-récit assez insolite puisqu’il s’agit d’un collecteur d’images holographiques (vendues dans le commerce à l’époque) qui permet de reconstituer une aventure de Donald intitulée « Donald, terrien extra ».
Autre innovation du journal : les mini-albums avec 2 récits de nos héros favoris ou, à l’inverse, l’adaptation bd du dessin animé « Rox et Rouky » présentée en 2 mini-albums.
D’autres magazines pour la jeunesse vont offrir des mini-récits à leurs lecteurs. De manière exceptionnelle, c’est le cas d’Astrapi avec une bd de Yves Chaland « Vacances sur Proxima » ou plus régulière, avec Dorothée magazine et son mini-journal, reprenant les personnages de dessins animés japonais alors diffusés dans l’émission télévisée de Dorothée : Dragon Ball, Nicky Larson, Les Chevaliers du Zodiaque, etc…
Mais, le mini-récit n’appartient pas qu’au domaine de la jeunesse. Le Psikopat, mensuel bd pour adultes, en publie plus ou moins régulièrement dans ses pages centrales en faisant appel à ses auteurs vedettes : Rifo, Lerouge, Ivars, voire Willem, qui réalisa, entre autres, un mini-récit muet intitulé « Berlin Blitz Boy ».
Le défunt Métal Hurlant Aventure, édité à l’époque par les Humanoïdes Associés, présenta dans son n°3, le mini-récit « Le savon sacré », une aventure de Richard Crèvecoeur qui, devant être le premier d’une collection, ne connu, hélas, aucun successeur.
Parrallèlement, au mensuel Métal Hurlant, les Humanos publiaient régulièrement des numéros spéciaux. Le n°46 bis contient un mini-récit signé Florence Cestac.
Autre mensuel de la grande époque, Circus lancé par l’éditeur Jacques Glénat contient dans son n°1 un mini-récit de F.Guennifey
Plus rare, peut-être, Dérives, revue d’une association suisse offre à ses lecteurs, un extrait de « Passi-Messa » de Joost Swarte sous forme de mini-récit ou le quotidien Libération qui a distribué un mini-récit publicitaire tout à fait original (format italien) à l’occasion de la sortie du film « Peur(s) du noir ».
Ce petit tour d’horizon du mini-récit est très incomplet (il y eu également des mini-récits dans des fanzines comme Haga ou Bedesup) mais signalons pour clore (provisoirement) le sujet, les mini-récits de l’hebdomadaire pilote avec la célèbre « collection de l’Aéromédon Populaire à 10 centimes » signé Fred (textes) et Hubuc (dessins) et enfin, le mini-récit joint à l’album Phil Koton de P.Y.Gabrion (Casterman).
jeudi 12 janvier 2012
MICKEY EN ARABE, LA SUITE
Après les 5 numéros spéciaux Samir présente Mickey (voir le précédent article), l’éditeur étatique égyptien Dar El Hilal lance, à partir du 1er janvier 1959, le mensuel Miki. D’un format identique à un comic-book américain, il présente les mêmes caractéristiques que les numéros spéciaux déjà évoqués : 40 pages dont 16 en couleurs, vendu 40 millièmes de livre égyptienne ( à comparer avec Le titre phare de l’éditeur, l’hebdomadaire Samir qui est vendu 25 millièmes pour 28 pages, à la même époque).
Ce premier numéro de Miki placé sous le symbole des fêtes de fin d’année présente plusieurs bd mettant en scène Mickey, Dingo, Donald et Picsou qui gardent approximativement le même nom que la version originale américaine sauf Picsou qui devient Am Dahab (oncle Or). Ce nom sera définitivement retenu pour toutes les traductions en arabe, que ce soit en Egypte, au Liban ou dans les pays du Golfe. Par la suite, les noms vont évoluer: Dingo devient Boundouk et Donald Batouta. Nous y reviendrons.
Miki sera mensuel pendant trois ans, de janvier 1959 à décembre 1961. En janvier 1961, la pagination diminue et passe à 32 pages sans diminution du prix. Il devient hebdomadaire à partir du 4 janvier 1962 (n°37) et sera publié sans interruption jusqu’au n°2188 du 27 mars 2003. Aucun évènement politique, social ou autre ne viendra entraver la parution de la revue.
Si par la forme et la présentation, Miki est proche d’un comic-book américain comme Walt Disney’s comics and stories, le contenu sera plus éclectique pendant de nombreuses années et assez voisin du journal de Mickey édité en France, car outre les séries de Disney, il publie Nic et Mino de Jean Hache, Guy l’Eclair, etc… Par ailleurs de nombreux dessinateurs et scénaristes égyptiens, dont le regretté Higazi, vont créer des séries originales et il y aura, outre les illustrations de couverture qui font souvent référence à des évènements locaux (fêtes religieuses, rentrée des classes, etc…), des aventures de Mickey spécifiquement égyptiennes comme Miki et le gang du chat rouge en 1967.
La propagande est également moins présente dans la revue Miki que dans la revue Samir.
A partir du n°895 du 15 juin 1978, Miki devient Soubermiki (Supermickey) une fois par mois, un numéro double de 80 pages.
(A suivre…)
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| Le premier n° de Miki en janvier 1959 |
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| Miki et le gang du Chat rouge, une bd signée Higazi |
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| Une couverture égyptienne de Miki, le n°200 |
samedi 10 décembre 2011
MICKEY EN ARABE
La première apparition de "Mickey" dans la presse enfantine de langue arabe date des années 1930 où le personnage fut repris dans de courts récits (généralement 1 page de bd muette avec un texte sous les images) par la revue égyptienne "El Awled" ("Les Enfants", 1er numéro en avril 1932). Il s’agissait d’un emprunt à "Disney" et non d’une reprise du comic strip original. Le dessin de ces historiettes, destinées à un public très jeune, était du au talent tout relatif d’un artiste local anonyme qui reproduisait, tant bien que mal, le célèbre souriceau.
Après la seconde guerre mondiale l’hebdomadaire égyptien "El Moustaqbel" ("Le Futur" ou "L'Avenir") fera une petite place dans ses pages à l’une des aventures les plus célèbres de "Mickey" : "Mickey et la lampe d'Aladin" dessinée par "Floyd Gottfredson".
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| La "une" du numéro 7 d'El Moustaqbel |
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| Miki Mouse et la lampe d'Aladin dans El Moustaqbel |
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| Miki Mouse dans Samir numéro 3 |
Le 17 avril 1958 parait un numéro spécial de "Samir" titré "Samir youquadim Miki", autrement dit "Samir présente Mickey". Cette publication de 40 pages dont une bonne vingtaine en quadrichromie est entièrement consacrée aux personnages de "Disney" : "Donald", "Hiawatha", "Mickey", "Dingo", etc… Quatre autres numéros spéciaux "Disney" vont suivre jusqu’en décembre 1958.
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| Le premier numéro de Samir présente Mickey Une page de Mickey extraite du troisième numéro spécial |
(à suivre…)
dimanche 20 novembre 2011
QUICK ET FLUPKE EN ARABE
Ils apparaissent pour la première fois en langue arabe dans l’hebdomadaire "Samir" de l’éditeur égyptien "Dar El Hilal" dans le n°309 du 11 mars 1962, quelques mois après le début de la publication des aventures de "Tintin" (en août 1961). Repris sous les noms de "Mechmech" (Abricot) et "Barkok" (Pruneau), ils vont apparaitre par intermittence dans la revue en 1962 et 1963 mais probablement pas au-delà de cette période. Comme ce fut le cas pour d’autres séries traduites, comme "Le Petit Roi" de "Slogow" ou "Popeye" de "Sagendorf", "Quick et Flupke" jouent un peu le rôle de bouche-trou dans la revue et ils ne feront jamais l’objet d’une publication en album comme ce fut le cas pour "Tintin".
vendredi 11 novembre 2011
TINTIN EN ARABE (EPISODE 6)
Pour clore provisoirement ces quelques notes consacrées aux traductions des aventures de ʺTintinʺ en arabe, il faut signaler l’hebdomadaire Koweitien ʺSaâdʺ.
Il s’agit d’une publication destinée à un public très jeune, au contenu assez inégal, qui paraît depuis 1969 et dont l’éditeur est ʺDar Erraï El-3amʺ.
La documentation consultée se limite à une trentaine de numéros et permet de donner quelques indications sur les épisodes de ʺTintinʺ qui ont été publiés par ʺSaâdʺ:
ʺLes 7 boules de cristalʺ à partir du mois d’août 1979 (vers le n°490 et suivants)
ʺL’oreille casséeʺ en 1986-1987
Publication probable de ʺOn a marché sur la luneʺ et sa suite.
Par ailleurs, l’excellent site www.intertintin.com (qui répertorie les éditions de ʺTintinʺ dans le monde) signale également, pour ʺSaâdʺ: ʺLes bijoux de la Castafioreʺ (date non précisée) ainsi que ʺLe sceptre d’Ottokarʺ et ʺLe secret de la Licorneʺ en 1987 (à la suite donc, de ʺL’oreille casséeʺ).
A noter que, dans la revue, le bandeau titre ne reprenait en arabe, que l’intitulé ʺTintinʺ ou ʺLes aventures de Tintinʺ sans préciser de quelle aventure de ʺTintinʺ, il s’agissait.
Saâd a publié d’autres séries comme ʺIznogoodʺ, ʺAstérixʺ, ʺPopeyeʺ, ʺGastonʺ… en se limitant, semble-t-il, au genre humoristique.
samedi 5 novembre 2011
TINTIN EN ARABE (EPISODE 5)
Outre la publication du journal ʺTan Tanʺ, l’éditeur égyptien ʺDar El Maarifʺ publie une version en arabe des albums édités par Casterman. Ces albums sont présentés sous couverture souple et alternent 2 pages couleurs et 2 pages en noir et blanc. Pour les lecteurs arabes, c’est l’accès au meilleur de la bande dessinée d’aventure et l’engouement est immédiat. Ces albums, qui constituent une curiosité pour les tintinophiles, sont également recherchés en Europe où ils ont été diffusés et vendus dans les librairies spécialisées jusqu’en 2006, date à laquelle ʺDar El maarifʺ perd ses droits de traduction.
Une seconde particularité qui concerne ces albums a trait au contenu de la série qui ne compte que 17 titres sur les 24 que compte l’édition française (non compris "Tintin et le secret de la Toison d'or" et ʺL’Alph Artʺ). ʺTintin au pays des Sovietsʺ, ʺTintin au Congoʺ, les 3 albums qui ont pour cadre le Moyen-Orient (ʺLes cigares du pharaonʺ, ʺTintin au pays de l’or noirʺ, ʺCoke en stockʺ) n’ont pas été retenus, probablement pour des raisons politiques mais en ce qui concerne ʺObjectif luneʺ et ʺOn a marché sur la Luneʺ, le motif n’est pas aussi évident car ces 2 épisodes avaient déjà été publiés en arabe par l’hebdomadaire ʺSamirʺ (et ils le seront par la suite, dans un autre hebdomadaire du Koweit ʺSaâdʺ).
Les titres des albums traduits ne diffèrent pas énormément de la version originale à part peut-être, ʺTintin en Amériqueʺ qui est devenu ʺTintin et le gang de Chicagoʺ.
A noter enfin, que ʺTintin et le lac aux requinsʺ a été repris sous le titre ʺTintin et le lac mystérieuxʺ.
mardi 1 novembre 2011
TINTIN EN ARABE (EPISODE 4)
A partir du 4 septembre 1971, l’éditeur égyptien ʺDar El Maarifʺ qui a obtenu les droits de traduction et de publication de l’hebdomadaire belge ʺTintinʺ (ainsi que des albums de ʺTintinʺ sur lesquels nous reviendrons ultérieurement), publie une version en langue arabe de ce journal sous le titre ʺTan Tanʺ (تان تان) avec en bandeau ʺrevue hebdomadaire illustrée pour les jeunes de 7 à 77 ansʺ. La publication reprend les séries qui ont fait la réputation du journal ʺTintinʺ en Europe : ʺRic Hochetʺ, ʺDan Cooperʺ, ʺMartin Milanʺ, ʺBruno Brazilʺ, etc… et bien entendu ʺTintinʺ dont plusieurs aventures sont publiées dans une traduction différente de celle de ʺSamirʺ (plus proche de l’arabe dit classique ou scolaire) et surtout dans un format adapté identique au Tintin belge: ʺTintin et le lac aux requinsʺ, ʺL’étoile mystérieuseʺ, ʺVol 714 pour Sidneyʺ, ʺLes Picarosʺ, ʺL’ile noireʺ, ʺTintin au Tibetʺ, ʺLe temple du soleilʺ (version bd et version dessin animé). A noter que ʺLe sceptre d'Ottokarʺ proposé en noir et blanc reste inachevé.
L’édition du ʺTan Tanʺ arabe va s’étendre sur 9 ans et près de 450 n°. Elle s’achève le 6 décembre 1980 avec le numéro 33 (la numérotation était réinitialisée tous les 12 mois).
Contrairement à l’édition égyptienne de ʺMickeyʺ par exemple, ʺTan Tanʺ ne publie aucune bande dessinée d’auteur égyptien. La seule relative concession à la production locale est un cahier central de 16 pages avec des jeux, articles et autres variétés.
Même si la revue rencontre beaucoup de succès au départ, sa gestion chaotique en éloigne peu à peu les lecteurs fidèles. La présentation initiale de qualité cède la place à une revue en noir et blanc, peu variée où les séries sont présentées parfois par tranches de plus de 10 pages et ce ne sont pas forcément celles qui intéressent le lecteur égyptien de l’époque.
vendredi 28 octobre 2011
EXPO BOUCQ ET CAVE
Le bédéiste français François Boucq est connu pour ses séries à succès comme Face de Lune, Bouncer et le Janitor mais beaucoup moins pour ses travaux associatifs ou militants. L’exposition qui lui est actuellement consacrée à la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités de Lille lève un peu le voile sur cet aspect de son œuvre.
mardi 25 octobre 2011
TINTIN EN ARABE (EPISODE 3)
Avant d’aborder les traductions de Tintin chez l’éditeur égyptien ʺDar El Mâarifʺ, je vous propose un petit crochet par le Liban et la revue ʺBissat Errihʺ (Tapis Volant).
Cette revue enfantine fut éditée à Beyrouth par l’éditeur ʺDar Bissat Errihʺ en quatre séries successives. La première série de 196 n° hebdomadaires est la seule qui nous intéresse ici. Elle fut publiée du 1er janvier 1962 au 29 avril 1965. D’un format légèrement supérieur à celui d’un comic-book américain, la revue proposait tous les mercredis des bandes dessinées traduites en arabe et reprises des journaux ʺSpirouʺ et ʺTintinʺ pour l’essentiel mais également de revues anglaises. ʺFlash Gordonʺ, ʺLa Patrouille des Castorsʺ, ʺMarc Dacierʺ et d’autres séries tout aussi prestigieuses vont ainsi se succéder dans les pages de ʺBissat Errihʺ et marquer durablement l’esprit et la mémoire des jeunes lecteurs Libanais de l’époque.
ʺTintinʺ apparait dans la revue au n°105 du 1er janvier 1964 avec l’aventure ʺLes bijoux de la Castafioreʺ dont la publication se poursuivit jusqu’au n° 144 du 30 septembre de la même année.
Le récit avait été adapté en arabe sous le titre ʺLes bijoux volésʺ dans une traduction différente de celle de la revue ʺSamirʺ en Egypte et il fut publié par tranche de 2 ou 3 pages dont une partie seulement en couleurs. ʺTintinʺ n’a les honneurs de la couverture qu’au n°116. Il ne semblait apparemment pas constituer une série vedette pour les éditeurs car pour la même période ʺChick Billʺ (et surtout ʺKid Ordinnʺ) fit environ 6 couvertures, ʺAlixʺ, 3, etc…
samedi 22 octobre 2011
LE RETOUR DE BOUZID
Il y a un peu plus d’un an en août 2010, Slim a rejoint l’équipe du quotidien "Le Soir d’Algérie" avec une page hebdo présentée tous les jeudis en page 2 du journal. Cette contribution graphico-humoristique (dessins, textes, voire strips BD et montages-photos) reprend la formule des fameux "B.A.C" (Boîtes A Chique) que Slim dessinait pour l’hebdomadaire "Révolution Africaine", il y a 30 ans. Sauf que cette fois, il s’agit d’une page couleur où, cerise sur le gâteau, Bouzid, Zina, Amzian et El Gatt sont de retour, depuis le 6 octobre, dans une nouvelle aventure intitulée "Le Mur" qui en est à son troisième épisode.
vendredi 21 octobre 2011
BD EGYPTIENNE
Le caricaturiste et bédéiste égyptien Ahmed Hijazi est décédé ce matin à l'âge de 71 ans. Cette triste nouvelle a été reprise par le site arabcomics à partir du quotidien égyptien Eddoustour.
Peu connu en dehors des pays arabes, il fut pourtant l'un des piliers de la revue Samir avec une série célèbre Tanabilat Essabian (les enfants fénéants) où la satire sociale est sous jacente. Il fut l'un des rares bédéistes arabes à dessiner des aventures originales de Mickey dans la revue égyptienne Miki (Mickey) avec notamment Mickey et le chat rouge. Il créa ensuite pour la revue koweitienne Majid plusieurs séries dont Zakia l'intelligente.
Hijazi fut également un caricaturiste de talent pour de nombreux titres de la presse arabe.
En hommage à ce grand artiste, voici, ci dessous, une courte histoire de 2 pages réalisée pour l'édition égyptienne de Mickey. Cette histoire fait référence à une tradition égyptienne pour la fête musulmane du Mouloud (qui commémore chaque année la naissance du prophète Mohamed). A cette occasion les égyptiens achètent et consomment une patisserie sucrée en forme de poupée.
Le sens de lecture des images est de gauche à droite.
Peu connu en dehors des pays arabes, il fut pourtant l'un des piliers de la revue Samir avec une série célèbre Tanabilat Essabian (les enfants fénéants) où la satire sociale est sous jacente. Il fut l'un des rares bédéistes arabes à dessiner des aventures originales de Mickey dans la revue égyptienne Miki (Mickey) avec notamment Mickey et le chat rouge. Il créa ensuite pour la revue koweitienne Majid plusieurs séries dont Zakia l'intelligente.
Hijazi fut également un caricaturiste de talent pour de nombreux titres de la presse arabe.
En hommage à ce grand artiste, voici, ci dessous, une courte histoire de 2 pages réalisée pour l'édition égyptienne de Mickey. Cette histoire fait référence à une tradition égyptienne pour la fête musulmane du Mouloud (qui commémore chaque année la naissance du prophète Mohamed). A cette occasion les égyptiens achètent et consomment une patisserie sucrée en forme de poupée.
Le sens de lecture des images est de gauche à droite.
dimanche 16 octobre 2011
TINTIN EN ARABE (EPISODE 2)
Après ses mésaventures dans la revue El Katkot, Tintin va réapparaître quelques années plus tard dans une autre revue égyptienne, Samir.
Cette revue, créée en 1956 par l’éditeur Dar El Hilal au Caire, rencontre un succès immédiat auprès des jeunes lecteurs arabes car elle bénéficie de moyens humains et techniques importants : direction efficace, bonne impression, couleurs, etc….
Elle reprend également des séries occidentales célèbres comme Mickey, Le Fantôme du Bengale ou le Zorro dessiné par Alex Toth, et c’est ainsi qu’elle propose à partir de son n°278 du 6 août 1961, Tintin dans l’aventure du ʺCrabe aux pinces d’orʺ sous le titre ʺLa bande (ou le gang) de Abou Djalmabouʺ.
La couverture de la revue reprend la célèbre couverture de l’album originale et une page de présentation de la série, illustrée par un dessinateur maison, présente Tim Tim (Tintin) l’aventurier international, Haddock, le capitaine grandiose (qui garde son nom), Milou (qui garde également son nom) et Tik et Tak (les Dupondt). La bande dessinée est présentée par épisode de 4 pages dont 2 en couleurs.
La revue Samir va ainsi proposer, pour la plus grande joie de ses lecteurs, plusieurs aventures de Tim Tim sans cependant respecter l’ordre chronologique initial.
Voici quelques indications, malheureusement lacunaires, sur les aventures de Tintin parues dans Samir :
ʺLe secret de la Licorneʺ (en arabe ʺLe secret de la carteʺ) et ʺLe trésor de Rackham le Rougeʺ (ʺLe trésor du Corsaire Rougeʺ) en 1962.
ʺLes 7 boules de cristalʺ (inchangé) et ʺLe temple du soleilʺ (inchangé) en 1963.
ʺObjectif luneʺ et ʺOn a marché sur la luneʺ sont regroupés sous le titre ʺVoyage vers la luneʺ et publiés de juillet 1963 à la mi-1964 approximativement. ʺL’oreille casséeʺ qui garde le même titre prend la suite.
Puis la publication de Tintin va s’interrompre pour être remplacée par une autre série de Hergé: Jo, Zette et Jocko sur laquelle nous reviendrons peut-être.
ʺVol 714 pour Sidneyʺ (titre inchangé) marque le retour de Tim Tim vers 1967 et sera suivi en 1968 par l’adaptation sous forme de photoroman (avec bulles) du film ʺTintin et la toison d’orʺ (le titre est inchangé).
Signalons la publication du ʺTemple du soleilʺ (d’après le dessin animé) vers 1970 et la reprise du ʺCrabe aux pinces d’orʺ en 1972 suivi de ʺVoyage vers la luneʺ, du ʺSecret de la licorneʺ et du ʺTrésor de Rackham le Rougeʺ. Ces différentes reprises s’échelonnent jusqu’au milieu de 1976 où parait ʺLes bijoux de La Castafioreʺ puis au debut de 1977 ʺL’affaire Tournesolʺ sous le titre ʺL’affaire de l’enlèvement de Barjelʺ (ou Barguel pour reprendre la prononciation égyptienne qui est le nom de Toournesol dans la version arabe).
Entretemps, un autre éditeur égyptien Dar El Maarif obtient au début des années 1970 les droits de traduction des aventures de Tintin….
vendredi 14 octobre 2011
TINTIN EN ARABE (EPISODE 1)
L’annuaire de la bd francophone, le BDM, recense un album de ʺTintin en Amériqueʺ publié en français en 1946 par l’éditeur égyptien Dar El Maârif mais il faudra attendre 1949 pour voir les aventures de Tintin traduite en arabe dans la revue enfantine ʺEl Katkotʺ de l’éditeur cairote ʺDar Bint Ennilʺ.
ʺEl Katkotʺ était un hebdomadaire de 16 pages de format 21x27 cm contenant surtout des textes à caractère éducatif (articles, contes, jeux) et quatre pages de bandes dessinées.
Dès le 1er numéro (lundi 18 novembre 1949), Tintin occupe la double page centrale mais il s’agit d’un Tintin complètement transformé dont les cheveux sont noirs et qui est un reporter égyptien du nom de Himam. Milou ne s’appelle plus ainsi mais Antaren. Les vignettes de la bande dessinée ont perdu leurs bulles et sont accompagnées d’un texte narratif.
Ce premier épisode qui reprend ʺTintin en Amériqueʺ a pour titre ʺLes aventures du reporter Himam au pays de l’oncle Samʺ et s’achèvera au n°32 de la revue. Dès le n° suivant nous retrouvons Himam dans de nouvelles aventures sous le titre ʺHimam le valeureux dans le royaume de Syldavieʺ qui reprend ʺTintin et le sceptre d’Ottokarʺ et qui s’achève au n°65 et sera remplacé par le Tarzan de Foster.
Comme on le voit donc, cette première adaptation de Tintin en langue arabe est loin d’être satisfaisante. Une nouvelle tentative verra le jour le 6 août 1961. Elle sera la bonne et les lecteurs arabes pourront enfin goûter les aventures du petit reporter à la houppe dans la langue des mille et une nuits … mais ceci est une autre histoire.
jeudi 13 octobre 2011
MQUIDECH
LE RETOUR DE M’QUIDECH
Les éditions Dalimen (Alger) propose un nouvel album BD intitulé ʺLes aventures de M’quidech Boulahmoumʺ qui regroupe 5 récits précedemment parus dans les revues ʺM’quidechʺ et ʺBendirʺ.
L’auteur Ahmed Haroun appartient à la première génération de dessinateurs de presse et bédéistes, apparue dans les années 60 peu après l’indépendance du pays.
En 1968, la SNED, Société Nationale d’Edition et de Diffusion qui détenait alors le monopole de la production et de la commercialisation des livres en Algérie, fait appel à lui pour participer au projet de création d’une revue destinée aux jeunes. Le titre de la revue est M’quidech du nom d’un personnage du folklore algérien également appelé Hdidouane dans d’autres régions.
Haroun se souvient de cette époque au cours de l'émission Culture Club consacrée à la bd algérienne et diffusée le 25 mai 2008 à 21h sur la chaîne de télévision Canal Algérie. Voici ce qu’il répond à l’animateur de l’émission, le journaliste Karim Amiti :
ʺj'ai créé le personnage de M'quidech, mais avant tout il y avait une équipe, la SNED, c'était le noyau, c'est elle qui a contacté tous les dessinateurs qui étaient sur le marché à l'époque, on a formé une équipe et à partir de là, on m'a chargé de créer le personnage. Dans le personnage, il fallait choisir un type algérien, avec la gandoura algérienne, donc je me rappelle, Madoui qui était directeur de rédaction, il a ramené un gars, un garçon de 12, 13 ans, on lui a mis la gandoura. Il a posé, donc je me suis amusé à faire les croquis pour m'habituer au personnageʺ.
Comme la plupart des personnages de la revue, M’quidech sera également repris par d’autres dessinateurs et scénaristes, notamment Rahmoune et le futur cinéaste Lamine MERBAH.
En 2009, l'éditeur Dalimen lance la revue Bendir et c'est l'occasion pour Haroun de faire renaître M'quidech.
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